St Germain, le 07 mars 2011
à
Mesdames et Messieurs les responsables des organisations de retraités et personnes âgées de l’Yonne (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FSU, UNSA, Retraités
de la fonction publique, UNRPA)
Mesdames, Messieurs,
Vous avez interrogé l’ensemble des candidats sur le thème de la prise en charge de l’autonomie, l’accompagnement des personnes dépendantes et plus généralement les conditions de vie des retraités
et des personnes âgées.
La réponse à ces questions relèvent davantage du parlement mais la responsabilité de la mise en pratique incombe au Conseil Général, avec un transfert de moyens largement insuffisant.
Il est néanmoins tout à fait légitime de solliciter les projets de candidats aux cantonales sur ces questions. Celles-ci ont d’autant plus d’acuité sur le territoire du canton de Quarré les Tombes que la population âgée, en dépendance ou en marche vers la dépendance est importante et
qu’aucune structure n’existe pour répondre aux besoins urgents ( 75 ans et plus : hommes 16,4%, femmes 24%, alors que les moins de 20 ans ne représentent que 13,5% de la population.) Ce
pourcentage de personnes âgées est supérieur de 6 points à la part du département.
Je répondrai donc à votre questionnement à partir de mes convictions mais aussi à partir de ce que nous tentons sur la Communauté de Communes Morvan Vauban que je préside pour répondre à cette
situation dont nous avons fait une priorité.
D’abord une conviction profonde :
L’exposé des motifs de l’ordonnance du 4 octobre 1945 stipule que : « La sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu'en toutes circonstances il disposera des moyens
nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à la préoccupation
de débarrasser les travailleurs de l'incertitude du lendemain, de cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d'infériorité et qui est la base réelle et profonde de la distinction
des classes entre les possédants sûrs d'eux-mêmes et de leur avenir et les travailleurs sur qui pèse, à tout moment, la menace de la misère. Envisagée sous cet angle, la sécurité sociale appelle l'aménagement d'une vaste organisation nationale d'entraide
obligatoire qui ne peut atteindre sa pleine efficacité que si elle présente un caractère de très grande généralité à la fois quant aux personnes qu'elle englobe et quant aux risques qu'elle
couvre. Le but final à atteindre est la réalisation d'un plan qui couvre l'ensemble de la population du pays contre l'ensemble des
facteurs d'insécurité … »
La terminologie a pu évoluer. La nécessité est toujours pressante. La règle toujours d’actualité : chacun cotise selon ses moyens, reçoit selon ses besoins.
Des risques nouveaux apparaissent : celui de la dépendance et de la perte d’autonomie lié à l’allongement du cours de la vie. Ma réponse est
d’évidence : il s’agit d’un risque qui doit solidairement être pris en charge par une prestation universelle au sein de la Sécurité Sociale. La solution du recours à l’assurance privée pour
le financement de ce 4ème risque prévue dans le projet de loi « dépendance » me paraît injuste et discriminant parce que liée
directement au revenu et non à la réponse solidaire à un besoin sociétal. Le financement de ce risque dépendance, comme le financement de l’ensemble de la sécurité sociale, s’il peut, comme
maintenant, reposer sur les cotisations sociales perçues sur les salaires devrait s’appuyer également sur les revenus du capital. Chacun selon ses moyens, tous ses moyens !
A priori l’idée d’un recours sur succession pour bénéficier pleinement de l’APA me paraît être un retour à la situation ante. C’est aussi un recul par
l’idée que je me fais de la solidarité collective devant s’exercer pour la prise en compte du risque de dépendance. Cependant si les critères mis en place sont justes et permettent que l’ensemble
des bénéficiaires de l’APA puissent bénéficier de la répartition des profits tirés des recours sur succession la question mérite d’être étudiée.
Président de la Communauté de communes Morvan Vauban et Président de l’association d’Aides à domicile du Canton je suis évidemment sensible à l’aide et à
l’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie. A ce titre, avec le conseil communautaire, de façon prioritaire, nous avons mis en route un certain nombre d’actions dans l’intention de
prendre en compte cette réalité.
Nous nous sommes d’abord saisis du projet de SPASAD contenu dans le plan gérontologique du Conseil général. Le Spasad, avec la mutualité française, sera
opérationnel sur notre territoire à compter du 1er juillet 2011. Parallèlement, et toujours avec la mutualité française nous portons le projet avancé de la création d’un village senior
(Vill’âge bleu : 5 logements sur Quarré les Tombes et 5 logements sur Rouvray 21) en même temps que la création de deux maisons d’accueil familial.
La question de la mobilité est pour notre territoire une question cruciale. Nous portons sur 2011 une réflexion sur ce sujet avec la volonté de mettre en
place un service de transport à la demande dès janvier 2012.
Seul, je suis dans l’incapacité de répondre à votre questionnement sur les moyens à mettre en place pour une baisse du prix des maisons de retraites.
Ceci est un vrai problème. Surtout quand dans le milieu rural qui est le nôtre le montant des retraites est très faible. Ceci mérite, comme nombre des questions que vous avez soulevées une vraie
réflexion commune en lien avec l’ensemble des organisations concernées. En tout état de cause cela ne doit en aucune manière induire une baisse des moyens alloués aux maisons de retraites nos
aînés ayant le droit à une fin de vie digne.
Je n’ai pas satisfait à toutes vos questions ( augmentation de la CSG pour les retraités, taxation du patrimoine) dans la mesure où je ne possède pas les
éléments de réflexion suffisants. Ceci manifeste d’évidence la nécessité pour les élus de travailler en lien avec les organisations qui portent ces problèmes afin d’y apporter les réponses
politiques utiles et réalistes.
Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de mes cordiales salutations.
Michel Millet